Bonjour
Il s'agit probablement d'un flan léger hors tolérance (6.75% de masse manquante).
La tranche est arrondie et sans tranchant alors que la monnaie est très bien conservée. Ce n'est donc pas lié à la circulation mais à un manque de pression sur le flan lors de la frappe. Cela est à associer au manque de métal qui n'a pas permis de remplir la totalité du volume défini par les 2 coins et la virole.
Le listel, côté champ est mou. Le relief du cou contre le listel n'est pas celui attendu.
Tout va ensemble.
Ce qui me surprend est la netteté des reliefs au centre.
Un flan mince qui aurait généré une frappe faible ne devrait pas présenter de relief net sur les point hauts.
Il est donc plus probable que le flan ait eu la bonne épaisseur, mais pas le bon “diamètre moyen”.
Par “diamètre moyen”, il ne faut pas envisager un flan circulaire ayant 1 ou 2 mm de moins que d'habitude, mais plutôt un flan dont il manque une partie.
Mais la partie manquante est gommée par la frappe.
Cela ne peut donc être un flan clipé habituel du genre le-gourmand-qui-croque-dans-la-tarte comme ici :
10 centimes Marianne, fauté clippé 1967 Paris F.144/7 var. fmd_776254 Modernes (cgb.fr)
A noter sur cet exemple : 2.85g au lieu de 3g, soit -5% de masse. Contre -6.75% dans notre cas. L'ampleur du phénomène serait TRES visible.
Idem pour un flan en bord de lame comme ici (mal identifié) :
10 francs Turin, petite tête, doublement fautée (deux fois clippée) 1948 F.362/3 var. fmd_714546 Modernes (cgb.fr)
A noter sur cet exemple :
* 6.70g au lieu de 7g, soit -4.3% de masse. Contre -6.75% dans notre cas. L'ampleur du phénomène serait TRES visible aussi.
Le “double” clip apparent est lié à l'absence de métal d'un côté qui ne pousse pas le métal en face pour remplir l'espace disponible.
Seul possibilité selon moi : un clip “englobant”.
Pour avoir un flan clippé : lors de la création des flans à l'emporte-pièce dans la lame de métal, le flan fraichement coupé est mal éjecté. Il reste et retombe sur la lame à cheval sur l'emplacement de la découpe suivante. Il est alors coupé à l'emporte-pièce.
3 cas de figure :
- le flan est vraiment à cheval : il est presque coupé en 2. Les morceaux sont écartés lors du tri (des flans ou après frappe). On ne verra jamais la monnaie.
- le flan est un peu à cheval : il en manque une petite partie en forme de double ogive (intersection de 2 disques se chevauchant à peine). Cela donne le 1er exemple plus haut.
- cas probablement le moins évident, le plus rare : le flan retombe presque en face de l'emporte-pièce. A la découpe, l'emporte-pièce va presque englober le flan et seule une rognure est ôtée, conservant presque une forme circulaire comparable à la lune 1 ou 2 jours avant qu'elle ne soit pleine.
Dans ce dernier cas, le manque de métal est presque réparti de manière homogène sur le flan. A la frappe, il n'y aura presque pas de trace du manque sinon par le poids et des faiblesses de frappe en périphérie de la monnaie.
Pour comprendre cette histoire d'emporte-pièce : amusez-vous avec une perforette (cet objet étrange qui date de l'époque où on plaçait des feuilles de papier dans des classeurs), ou observez une poignée de confettis.