Un article tiré du site espagnol Numismática visual et qui nous éclaire sur les nouvelles tendances en matiére de tirage des monnaies commémoratives. Tout le monde s'y met.
Il est confirmé que la pièce commémorative de 2 euros de Chypre 2024 est la pièce ayant le plus faible tirage de l'histoire
Publié le 17 février 2025 par jeroja6
Le 27 novembre 2024, Chypre a émis une pièce commémorative de 2 euros pour célébrer le 20e anniversaire de son adhésion à l'Union européenne. Avec seulement 7 000 unités, cette pièce est devenue celle ayant le plus faible tirage de l'histoire des pièces commémoratives de 2 euros, dépassant les 10 000 pièces de la pièce émise par Monaco en 2015 pour commémorer les 800 ans de la forteresse de Monaco. L'émission a été officiellement confirmée dans le Journal officiel de l'Union européenne, dissipant tous les doutes sur le nombre exact de pièces émises.
Exclusivité confirmée
Les pièces ont été mises en vente exclusivement dans les locaux de la Banque de Chypre dans le pays. Au prix de 20 euros, les acheteurs pouvaient acquérir un maximum de deux pièces par personne. La demande était si forte que de longues files d'attente se sont formées dès le matin dans les bureaux de la Banque, et les pièces disponibles se sont rapidement épuisées.
Bien que les pièces aient également été disponibles sur le site web de la Banque de Chypre, la page a été saturée en raison du volume élevé de trafic et la vente a été annulée. Le 16 décembre 2024, la vente en ligne a repris, mais les pièces ont été épuisées en à peine deux minutes après l'ouverture du site web.
Forte demande et prix sur le marché secondaire
Malgré les difficultés pour se les procurer, ceux qui ont réussi à acheter les pièces n'ont pas tardé à voir leur valeur augmenter de façon vertigineuse. Aux alentours de la Banque, certains acheteurs offraient déjà jusqu'à 400 euros pour deux pièces, soit beaucoup plus que les 40 euros qu'ils avaient payés initialement (20 euros par pièce).
Actuellement, les pièces se vendent sur le marché secondaire entre 1 400 et 1 500 euros, et l'on s'attend à ce que le prix continue d'augmenter en raison de la rareté et de la demande croissante. Les collectionneurs qui n'ont pas réussi à se procurer l'une de ces pièces lors de la vente officielle sont désormais confrontés à un marché secondaire extrêmement compétitif et coûteux.
Le mécontentement croissant des collectionneurs
Le mécontentement des collectionneurs de pièces commémoratives de 2 euros ne date pas d'hier. Au fil des ans, en particulier avec les émissions de micro-États comme Monaco, une frustration générale s'est développée, car les tirages extrêmement faibles créent un marché artificiellement gonflé. Ce phénomène a conduit de nombreux collectionneurs à se détourner de ces pièces, car ils considèrent qu'elles sont émises en quantités si limitées qu'au lieu d'être des pièces de circulation et de collection, elles se transforment davantage en objets destinés à la revente.
Un exemple clair que quelque chose est en train de changer est celui de certaines pièces de Monaco, qui il y a quelques années encore se vendaient pour 600 euros et qui atteignent à peine 300 euros sur le marché secondaire. Cette spéculation constante engendre de la frustration chez les collectionneurs, qui estiment que les émissions de pièces à faible tirage nuisent au véritable objectif de la numismatique et choisissent de laisser de côté ces pièces.
De ce fait, de nombreux collectionneurs ont opté pour se concentrer sur les pièces émises pour la circulation. Cette tendance a conduit beaucoup de personnes à se détourner des émissions de micro-États et à rechercher des pièces qui reflètent l'histoire des pays émetteurs et qui sont pensées pour faire partie du système monétaire réel.
Le cas de la Belgique, de la France et d'autres pays
Ce phénomène n'est pas exclusif aux micro-États. Des pays comme la Belgique ou la France, qui ne sont pas des micro-États, émettent également des pièces qui ne sont pas mises en circulation et qui sont créées exclusivement pour la vente aux collectionneurs. Ces pièces ne remplissent pas leur fonction originale de faire partie du système monétaire et ont suscité encore plus de mécontentement chez les collectionneurs. Beaucoup considèrent ces émissions comme des produits conçus pour faire du profit, sans le but de transmettre la culture européenne ou d'être accessibles au public en général.
La Commission européenne encourage la spéculation en approuvant ces pièces
La principale responsable de l'encouragement de la spéculation sur le marché numismatique est la Commission européenne, en approuvant l'émission de pièces commémoratives de 2 euros à tirages extrêmement faibles et destinées exclusivement à la vente. Cette approche non seulement pervertit le but original des pièces en tant que symbole d'unité, de culture et de valeurs européennes, mais elle fait également passer le profit économique avant l'accessibilité pour les citoyens. En permettant ces émissions limitées, la Commission contribue à ce que les pièces se transforment en objets de collection inaccessibles pour beaucoup, tandis que quelques-uns profitent de ce qui devrait être le patrimoine de tous.